
Pedostop, une organisation non gouvernementale dédiée à la protection des enfants, a lancé un projet de recherche en collaboration avec Analysis/Kantar afin de combler le manque de données sur les abus sexuels sur les enfants à Maurice et Rodrigues.
Cette étude révèle que 42 % des Mauriciens, hommes et femmes confondus, déclarent avoir subi une forme quelconque de violence sexuelle à un moment ou à un autre de leur vie. Six pour cent disent avoir été violés. Mais dans 97 % des cas, les plaintes sont rejetées pour bénéfice du doute.
L’ONG prévoit donc de lancer une campagne nationale pour susciter un débat public sur la nécessité d’une meilleure protection des enfants contre les abus.
L’urgence de cette question a été particulièrement mise en lumière lorsqu’une fillette de six ans a témoigné des abus sexuels qu’elle avait subis pendant au moins deux mois de la part du concubin de sa mère.
En réponse, au cours des quatre prochaines années, environ 450 à 500 professionnels seront formés aux meilleures pratiques pour traiter les cas d’abus sexuels sur des enfants par Pedostop.
De plus, Pedostop prévoit d’établir des salles adaptées aux enfants dans huit postes de police à travers le pays afin de garantir que les auditions des victimes se déroulent dans un environnement sûr, confidentiel et chaleureux.
Il est estimé qu’environ 1 300 enfants témoignent chaque année à Maurice, et leur offrir un espace adapté leur permettra de mieux traverser ce moment difficile.
L’année dernière, l’organisation a animé 32 sessions de sensibilisation, éduquant 494 personnes, y compris des enfants âgés de 3 à 18 ans, sur l’importance de reconnaître et de signaler les abus.