
Des journalistes et des chargés de communication d’organismes étatiques des Petits États insulaires en développement (PEID) et des Pays les moins avancés (PMA) de l’Afrique de l’Est ont participé, en mai dernier à Port-Louis, à une formation de trois jours axée sur le changement climatique et la désinformation. Elle était dispensée par l’Unesco, avec Africa21, la Commission de l’océan Indien (COI), le Media Trust (l’organisme d’État mauricien chargé de la formation des journalistes) et l’Université de Maurice. Au nombre de 27, les participants sont issus des Comores, de Djibouti, de Madagascar, de Maurice, de Rodrigues et des Seychelles.
Cette formation cadre avec l’Initiative mondiale pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique, lancée par les Nations unies, l’Unesco et le gouvernement brésilien en novembre dernier. Son objectif consiste à renforcer la capacité des médias à lutter contre le changement climatique, notamment en permettant aux lecteurs d’évaluer l’information de manière critique, tout en faisant la distinction entre les faits scientifiques et les récits trompeurs. La crise a surtout un impact pour les PEID et les PMA, qui sont les plus exposés à certaines des plus graves conséquences du changement climatique.
Les formateurs étaient Mégnon Didier Bébada, expert d’Africa 21 ; Christina Chan-Meetoo, maître de conférence en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Maurice ; Abdoollah Earally, journaliste multimédia comptant trois décennies d’expérience et correspondant mauricien de RFI, France 24, TV5 Monde et Réunion La 1ère ; André Kamga Foamouhoue, coordinateur régional du projet Hydromet de la COI et ancien directeur de l’African Centre of Meteorological Application for Development ; Adèle de Toma, biologiste marin française spécialisée en gestion intégrée des zones côtières et pilote du projet Résilience des populations et des zones côtières du Sud-ouest de l’océan Indien (Recos) ; et Raj Mohabeer, chargé de mission de la COI.
« C’est la première fois que nous organisons un événement de ce genre avec l’Unesco, Africa 21, la COI et l’Université de Maurice. Nous sommes très heureux d’avoir pu rassembler les journalistes de la région autour d’un thème qui nous affecte tous. Nous avons déjà commencé à travailler avec l’Unesco pour qu’il y ait une suite. Une plateforme régionale sera mise en place et, peut-être, nous reviendrons ici dans moins d’un an pour faire le point sur nos avancées », déclare Shehzad Ali Joomun du Media Trust. La représentante régionale de l’Unesco, Misako Ito, a assuré que l’organisation va mobiliser ses partenaires pour consolider ce partenariat et continuer à accompagner les journalistes, notamment dans la mise en œuvre de stratégies d’éducation aux médias et à l’information.
Aux yeux de Zoubeida Andhilane, d’ORTC/Comores, « cette formation a été une opportunité idéale pour renforcer mes capacités et mes connaissances dans le domaine du changement climatique, notamment à Mohéli, qui est particulièrement touchée par les inondations et la montée du niveau de la mer. C’est donc une réelle opportunité, et cela m’a donné de nouvelles perspectives pour impliquer la population à ce sujet, notamment à travers la sensibilisation ». Pour David Casimir, journaliste à MBC Rodrigues, cette formation a aidé les participants à mieux comprendre les enjeux climatiques dans la région et les problématiques communes aux différentes îles.
Pour Karina Zarazafy, journaliste de Bleen Media à Madagascar, la formation a permis d’affiner une stratégie d’éducation aux médias et à l’information. « Il s’agit de développer une stratégie propre à chaque rédaction, mais adaptable aux autres rédactions des îles de l’océan Indien, pour mieux sensibiliser les populations, en particulier celles vivant dans les zones enclavées, aux enjeux climatiques et environnementaux », fait-elle ressortir. Dans le cadre de la formation, les participants ont pu constater de visu les projets mis en place pour remplacer les arbres de filao par des plants endémiques sur la plage de Flic-en-Flac, la disparition de la plage de La Preneuse en raison des projets de développement sur le littoral de l’Ouest et la plantation de mangroves à Case Noyale.